Katerina, République Tchèque

Je pensais réussir à rédiger régulièrement pour vous quelques articles spécifiques, mais je suis bien trop occupée à vivre toutes sortes d’aventures. J’ai en revanche écrit pour moi-même quelques textes et de nombreuses notes, et j’ai décidé d’en remanier brièvement quelques-uns pour le blog, afin que vous ayez autre chose à vous mettre sous la dent (ou bien devrais-je dire sous l’œil ?) que des photos et des sons. Dans les semaines qui viennent, vous allez donc régulièrement (disons, tous les deux jours) avoir quelque chose à lire, jusqu’à ce que j’ai plus ou moins rattrapé (si faire se peut !) mon retard…
N’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous pensez de ces textes (et à me signaler les inévitables fautes de frappe et d’orthographe); j’espère que vous aurez plaisir à les lire !

Katerina

Alors que je me pense condamnée à faire du camping sous la pluie, ou à devoir, dans une auberge de jeunesse, socialiser de nouveau avec des voyageurs certes forts sympathiques, mais pas locaux pour un sou (dans ma première auberge à Český Krumlov, ils étaient absolument tous australiens, jusqu’à la réceptionniste), attablée devant une délicieuse soupe à l’ail, je reçois un sms de Katerina. Sans grand espoir, j’avais encore envoyé la veille au soir deux messages CS* dans lesquels j’avais indiqué mon numéro de portable. J’arriverai donc chez elle six heures plus tard, après être allée me promener un peu dans Český Krumlov, et après avoir raté un premier bus et attendu une petite heure un deuxième. Je n’étais de toutes façons pas pressée, Katerina ne rentrait de son travail d’ergothérapeute que vers 18h30.

Katerina a la trentaine passée, les cheveux noirs et une énergie communicative. Elle portera, pendant les deux jours que je passerai chez elle, des pantalons ou des leggings plutôt serrés, combinés avec des hauts plus amples pour camoufler un petit bidon. Le haut jaune pâle qu’elle porte à mon arrivée, ourlé d’une fine crêpe jaune elle aussi me fait penser qu’elle a un « style », même si mon peu de sensibilité en la matière ne me permet pas d’en être assurée. Cette intuition sera vite confirmée : j’apprendrai un peu plus tard que ce haut fait partie de sa propre collection, celle qu’elle développe avec une amie. De-ci, de-là dans son appartement, des objets colorés, tableaux, petites poupées de feutres, tous imaginés et réalisés par elle. Elle n’est pourtant pas douée en couture, soutient-elle, c’est son amie qui s’occupe de ça.

Je me suis bien amusée à essayer tous les vêtements de la collection de Katerina, qui est très réussie. J’espérais même repartir avec un pull, mais au prix de celui-ci, il fallait qu’il soit exactement à ma taille et flatteur, ce qui n’était pas le cas. Tant pis, c’était joli et coloré, et qui sait, peut-être trouvera-t-on un jour la marque « JellyBelly » dans un magazine ?

L’appartement est grand et chaleureux malgré un relatif désordre qui le rend, à mon goût, plus accueillant. Katerina me fera l’impression d’un coup de vent, mais d’un vent chaud et rafraîchissant à la fois qui sait prendre le temps de retomber quelques minutes pour partager un repas ou une tasse de thé avec ses visiteurs. Quand j’arrive, Katerina est en train de donner un cours d’anglais à la fille d’un amie. Elle s’occupe de la petite une demi-heure, puis m’explique qu’elle a rendez-vous, doit partir bientôt mais reviendra dans quelques heures. Je peux me servir de tout dans sa cuisine, elle a même acheté quelques victuailles exprès pour mon arrivée, pensant que j’aurai faim, ce qui est le cas. Une fois partie, je commence à préparer un plat improbable (ma spécialité) concocté à partir des ingrédients trouvés dans la cuisine : spaghetti, carottes, lentilles, oignons nouveaux, tomates, paprika et curcuma. J’ai eu la main un peu lourde sur cette dernière épice, des herbes de Provence et du fromage tchèque fumé coupé en cube viendront rectifier l’affaire. Le résultat n’est pas si mal, surtout avec le fromage. J’ai l’impression que le tchèque fument ou font frire tous leurs fromages, quelle drôle d’idée…

Katerina me racontera en rentrant que le fromage frit est en effet une spécialité tchèque, certes peu diététique et d’aspect passable (enfin tout ce qui est frit se ressemble), mais dont les tchèques sont très friands. En voyage à l’étranger, même dans un pays dont ils goûtent la cuisine et dont ils sont curieux, les tchèques ont pour tradition de rêver, la moitié du temps, à un bon Smazak (le fameux fromage frit) accompagné de frites et d’une bière (les tchèques ont bonne réputation en ce qui concerne la bière, je suis malheureusement bien mauvais juge). J’ai même vu une pub pour un « MacSmazak » devant un MacDo.

Ces trois jours avec Katerina me rassurent sur la suite de l’aventure : ne jamais perdre espoir, même si en raison de sa récente croissante exponentielle le CouchSurfing a un peu perdu en efficacité, on trouve (presque) toujours, même au dernier moment, des hôtes exceptionnels, accueillants et « authentiques », prêts à partager un bout de leur vie avec vous autour d’une tasse de thé…

* j’entends par CS « CouchSurfing »; il s’agit, pour faire simple, d’un site internet et d’un mode de voyage où des personnes volontaires proposent gracieusement à ceux qui viennent visiter leur ville de les héberger sur leur canapé, en général pour une à trois nuits

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