Turqueries : bonus !

Et après c’est fini-fini, promis :) – Pour ceux qui auraient du temps devant eux et raté le début, c’est ici puis .

On trouve des choses amusantes à tous les coins de conversations, en turc. Par exemple, eux-aussi utilisent ‘lapin’ comme surnom affectueux (cf ‘mon lapin’ en français). Certaines analogies sont très similaires au français, mais d’autre images nous sont complètement inconnues. Par exemple, kazma veut dire « lame » mais aussi « quelqu’un d’inutile, un bon à rien ». Tout ça parce qu’il y a une métaphore, en turc, selon laquelle le manche d’une hache, c’est le pouvoir et le contrôle ; la lame n’est que l’outil, si vous êtes la lame, vous n’avez aucun pouvoir (enfin c’est possible que la métaphore soit avec une pioche et pas une hache, le principe reste identique). C’est très joli tout ça, fichtrement intéressant je trouve.

Mais le plus drôle, c’est quand vous réalisez que la viande, c’est et (je vous ai dit, racines courtes!), mais ça n’inclut pas… le poulet (tavuk) ! Pas vraiment considéré comme une viande, vraiment. Pour les végétariens, c’est assez fastidieux en Turquie : il faut demander s’il y a de la viande, s’il y a du poulet, s’il y a de l’eau de viande aussi (du jus, qu’ils mettent dans les plats de légumes pour leur donner du goût)… Le végétarisme, c’est pas du tout un concept connus là-bas, vu que Mahommet leur a dit que ça ne posait pas de problème de tuer des animaux pour sa consommation personnelle.

 Mais ma phrase turque préférée, je l’ai appris de mes amis syriens : face à une situation absurde qui vous dépasse complètement, dont le sens vous échappe et face à laquelle la seule attitude qui vous paraisse cohérente, c’est de grignoter des pistaches en contemplant l’étendue de la bêtises des parties à l’oeuvre, vous pouvez dire Allahın cepine fıstık koyim, « je mets des pistaches dans la poche de Dieu ». Ainsi, il peut lui aussi profiter du spectacle ! Bon, je sais pas trop où ils ont été pécher celle-là, je sais même pas si c’est une vraie expression (mes recherches sur internet ont été infructueuses) mais elle m’a bien fait rigoler ! Maintenant, si quelqu’un veut bien me prouver son (in)existence ou corriger mes inepties, je vous en saurai fort gré.

Ah, j’oubliai, niveau communication non verbale, deux petites choses : vous savez, quand quelque chose vous énerve et que vous faites un petit claquement de langue pour manifester votre mécontentement ? Ben ce son-là, en turc, ça veut dire non. Pas non énervé, simplement non. Et ça s’emploie dans tout un tas de pays en fait, en Géorgie aussi, en Arménie, et j’ai rencontré des syriens qui l’utilisaient aussi. Au début j’ai eu un peu de mal, pas à comprendre, mais à ne pas être vexée. Il m’a fallu désapprendre la connotation de ce son-là. C’est pas plus malpoli que la version parlée, ni plus agressif, c’est juste… un autre moyen de dire non. Mais encore celui-là, ça va. Celui que j’ai toujours pas intégré, c’est le haussement de sourcil. Qui veut dire, lui aussi, non ! Mais c’est quasi le même (à la différence près que vous ne gardez pas vos sourcils levés aussi longtemps) que celui que vous utiliseriez pour dire “Plaît-il ?  / Pardonnez-moi, auriez-vous l’obligeance de répéter ?” ou bien pour un employé quelconque à un bureau quelconque, quand vient votre tour “Que puis-je faire pour vous ? / Je vous écoute”. Du coup, comme dans ma culture il veut dire en gros “vas-y répète je t’écoute maintenant”, les conversations Emée-n’a-rien-compris-au-film ça donnait quelque chose comme ça ?

- Bidulecan (‘can’ est un surnom affectueux, bidule-chéri si vous préférez), tu veux encore un peu de menemen (une omelette super bonne) ?
- Haussement de sourcil de l’intéressé(e)
- Je te demandai si tu voulais encore du menemen !
- Nouveau haussement de sourcil + claquement de langue cette fois
- (moi, toujours pas vraiment capté, mais je commence à me douter de la teneur de la réponse) Nan t’en veux pas t’es sûr ?
- Re-claquement de langue (qui bon, à ce moment-là, pouvait très bien contenir aussi de l’agacement)
- (Moi, qui finit par comprendre, et ravie de l’information) bon, bah je finis le plat alors (oué !)

Bon allez, j’arrête où vous allez vous lasser (en même temps, vu que c’est clairement les articles linguistiques qui récupèrent le plus de commentaires, j’imagine qu’ils doivent vous plaire).
La prochaine fois dans la même collection, je vous présenterai mon presque-ami Mashtots.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *


nine − = 3

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

%d bloggers like this: